Les 40 ans des Chevaliers du Zodiaque et 50 ans de Goldorak quand les astres et les mythes ont forgé la conscience d'une génération

Publié le 12 Octobre 2026

 

Dans un univers médiatique où les programmes se succèdent à un rythme effréné au point qu'on les a déjà oubliés le lendemain, certaines diffusions parviennent ce tour de force d'entrer durablement dans la mémoire collective pour y devenir des références, des souvenirs d'enfance, avant de prendre finalement une dimension mythologique.
 
C'est le cas des Chevaliers du Zodiaque, dont la version originale japonaise Saint Seiya est sortie le 11 octobre 1986 et fête donc aujourd'hui même en cette période Balance ses 40 ans d'existence.
 
Pour un blog dont la ligne éditoriale gravite autour du zodiaque, l'occasion est évidemment trop belle pour ne pas regarder cette œuvre à la loupe des splendeurs célestes.
 
Pour revenir aux origines de ce dessin animé révolutionnaire pour l'époque, il faut se souvenir que le 5 octobre 1975, un autre géant de l'animation japonaise faisait son apparition : Grindizer UFO robo plus connu sous le nom de Goldorak.
 
Ce robot géant piloté par Actarus était le premier grand titan de cette génération de héros venus du Japon, dont nous avons célébré le cinquantième anniversaire en 2025.
 
Goldorak et Les Chevaliers du Zodiaque ont donc en commun un point de départ astrologique remarquable.
 
Leur lancement intervient en période Balance, signe de la quête d'équilibre, d'harmonie et de justice, avec l'affrontement entre deux forces antagonistes dans un monde manichéen.
 
D'un côté, les défenseurs de l'ordre juste luttent pour faire triompher les valeurs morales du bien, de la paix et de l'amour de son prochain ; de l'autre, les forces du mal, prêtes à tout pour asservir le genre humain et détruire la planète bleue.
 
Deux dates, deux zodiaques, une même signature Balance
 
Lors du lancement de Goldorak, le 5 octobre 1975, on trouvait une importante concentration en Balance avec le Soleil, la Lune, Mercure et Pluton, tandis qu'Uranus venait d'entrer cette année-là en Scorpion, Neptune se trouvait en Sagittaire, Saturne en Lion, Jupiter en Bélier et Mars en toute fin du Gémeaux.
 
Onze ans plus tard, lors de la première diffusion japonaise des Chevaliers du Zodiaque, le zodiaque avait évidemment totalement changé, mais la signature de départ portait toujours celle d'un Soleil en Balance, avec cette fois Mercure, Pluton et Vénus en Scorpion, Mars et la Lune trônaient en Verseau, Saturne et Uranus en Sagittaire, Jupiter en Poissons et Neptune en Capricorne.
 
Autrement dit, les deux œuvres naissent certes au moment où le Soleil traverse la Balance, ce qui leur donne les points communs évoqués plus haut, mais la toile de fond zodiacale n'étant pas la même, cela produit forcément une ambiance, une narration et un synopsis très différents pour ces deux dessins animés.
 
Pour Goldorak, l'histoire commence avec un extraterrestre d'une lignée princière qui a vu de ses propres yeux l'anéantissement de sa lointaine planète Euphor et de sa famille royale par les forces de Véga. 
 
Actarus, a réchappé de peu à la mort en s'emparant de UFO Robo Grendizer, un robot géant de combat ultrasophistiqué, pour trouver refuge sur la Terre.
 
Recueilli et adopté par le professeur Procyon, à la tête d'un centre de recherches spatiales, ce dernier perfectionnera Goldorak pour soutenir Actarus dans sa lutte contre les envahisseurs, qui l'ont suivi pour installer leur base d'opérations baptisée le Camp de la Lune Noire sur la face cachée du satellite naturel de la Terre.
 
Lors d'un combat contre les redoutables Golgoths et Anterak, le prince d'Euphor qui cache son identité derrière le personnage paisible de palefrenier au ranch du Bouleau Blanc est touché par une blessure radioactive au bras qui, au fil des épisodes, ne fera que s'aggraver et provoquer sa hantise d'y succomber avant de débarrasser la Terre des forces de Véga. 
 
Dans son combat pour la sauvegarde de la planète bleue, il sera rejoint très tôt par Alcor, puis par Vénusia, qui développera des capacités surhumaines après avoir reçu une transfusion sanguine d'Actarus alors qu'elle était gravement blessée. 
 
Enfin, aux deux tiers de la série, c'est Phénicia, la sœur d'Actarus elle aussi rescapée de la tragédie d'Euphor, qui vient grossir les rangs de l'Escadron des Aigles pour batailler sans relâche face aux forces de Véga.
 
Chacun de ces personnages pilote un vaisseau spatial conçu ou amélioré par le professeur Procyon. 
 
Ces engins sont tous dotés de la particularité de s'amarrer et de se jumeler avec Goldorak en phase de combat pour lui permettre une plus grande autonomie aérienne sans sa secoupe porteuse avec Alcorak, aquatique avec vénusiak et fossyarak de perforer les antres de la terre.
 
A travers ces 4 vaisseaux, on retrouve les 4  éléments qui composent le zodiaque:
 
Feu: Goldorak c'est le chef de patrouille 
Terre: Fossyarak 
Air : Alcorak
Eau: Venusiak 
 
Lorsque le professeur Procyon montre les plans de Venusiak à Venusia pour l'inviter à piloter le vaisseau qui permettra d'accroître l'autonomie de Goldorak en phase d immersion lors des combats sous l'eau contre les forces de Vega, le scientifique fait une référence mythologique explicite à la mythologie. 
 
"Ton ancêtre Vénus est bien née des eaux?" Alors retour aux sources dira t-il à Vénusia.
 
C'est le genre de détail qui ne peut laisser indifférent et étoffer encore davantage la légende de Goldorak 
 
Les générations actuelles ne peuvent s'imaginer à quel point les enfants de cette fin des années 1970 étaient comme des fous, transportés d'une ferveur absolue à chaque épisode de ce héros des temps nouveaux.
 
C'était un choc visuel, sonore et narratif total qui a bouleversé la façon de concevoir les divertissements destinés à la jeunesse, modifiant durablement leur rapport au monde et au récit.
 
Avec Goldorak on était à des années-lumière du Manège enchanté, de Chapi Chapo ou de L'Île aux enfants et de son adorable Casimir programmes qui avaient enchanté les enfants dans les années antérieures.
 
Mais avec Actarus et son robot géant on faisait déjà une incursion dans le monde des adultes, car il était question de la survie de l'espèce humaine, du monde qui brûle, des destructions qui s'accumulent et de la mort qui fauche à chaque épisode. 
 
C'était déjà pour la génération des enfants nés dans les années 70 un saut vers notre futur qui ressemble beaucoup à ce qui se passe dans notre actualité brûlante de 2026.
 
 Mais dans le dessin animé contrairement à notre réalité un vaillant robot d'acier, habité par un esprit héroïque, se dressait sans relâche au péril de sa vie pour sauver l'humanité.
 
 Précurseur absolu de la japanimation des programmes pour enfants en Occident, Goldorak avait vraiment défrisé les bien-pensants de l'époque et ouvert grand la porte à toute une génération de futurs guerriers stellaires, préparant le terrain à l'arrivée fracassante d'autres mythes de l'animation nippon, dont les fameux Chevaliers du Zodiaque.
 
Pour Les Chevaliers du Zodiaque (Saint Seiya), l'histoire commence avec des jeunes orphelins dispersés aux quatre coins du globe, et envoyés de force dans des camps d'entraînement de chevaliers pour y revenir avec une armure sacrée façonnée à l'effigie des constellations.
 
Revenus au pays, ces guerriers adolescents que sont Seiya le Pégase à Shiryu le Dragon, Hyoga le Cygne, Shun d'Andromède et d'autres chevaliers s'affrontent d'abord lors de la bataille clandestine du Tournoi Galactique dans le grand Colosseum pour tenter de remporter la prestigieuse Armure d'Or du Sagittaire.
 
 Mais avant même l'issue du tournoi, Ikki, Chevalier du Phénix et frère de Shun, apparaît avec d'autres chevaliers renégats pour maudir son frère d'être allé à sa place sur l'île de la Mort, mais surtout pour s'emparer de l'armure d'or.
 
Ce tournoi était en fin de compte le détonateur d'une histoire beaucoup plus vaste et complexe, jalonnée de plusieurs révélations qui vont s'enchaîner.
 
Les héros découvrent qu'ils doivent unir leurs forces car ils sont investis d'une mission suprême : protéger Saori Kido, la petite-fille du fondateur de l'orphelinat qui les avait envoyés dans les camps d'entraînement. 
 
Cette jeune femme se révélera être la réincarnation d'Athéna, déesse de la sagesse, de la stratégie et de la justice, descendue sur Terre pour faire rempart face aux forces démoniaques qui se sont emparées du Sanctuaire et cherchent à bouleverser l'ordre du monde vers les ténèbres.
 
De ce point de bascule jusqu'aux épreuves du Sanctuaire face aux douze Chevaliers d'Or pour accéder à la chambre du Grand Pope, cette dimension mythologique et cosmique devient le cœur battant de l'histoire, élevant le combat à une échelle universelle. 
 
Portés par une ferveur incandescente où chaque coup et chaque sacrifice consument l'énergie vitale de leur cosmos intérieur, ces jeunes combattants transcendent les limites de la condition humaine. 
 
L'œuvre érige ainsi le zodiaque en une immense roue du destin où les lois de l'astrologie et du cosmos dictent la destinée des chevaliers et du genre humain.
 
Plus qu'un simple dessin animé des années du Club Dorothée qui a fait découvrir ces héros aux enfants français, les chevaliers du zodiaque ont imprimé en lettres d'or l'imaginaire d'une génération entière, lui léguant une grammaire mythologique unique à travers un dessin animé épique.
Goldorak : les dates clés et anecdotes autour des premières diffusions en France
 
Au Japon, le premier épisode de Grendizer UFO fut diffusé nous le rappelions en préambule le 5 octobre 1975.
 
Il faudra attendre près de trois ans avant que ne soit diffusé en France le premier épisode dans Récré A2, le 3 juillet 1978, sous un Soleil en Cancer, signe de l'enfance et de l'animatrice vedette de l'époque qui présentait ce programme, Dorothée.
 
Il est également intéressant de noter que la regrettée Ariane co-animatrice de l'émission portait quant à elle non seulement un prénom mythologique en lien avec Thésée et le Minotaure, mais également celui d'un programme spatial européen qui verra le jour un peu plus tard.
 
Petit clin d'œil donc à Goldorak et son héros de l'espace. Un des tous premiers épisodes s'appelle d'ailleurs les frères de l'espace.
 
Le nom Goldorak est une pure invention des diffuseurs français pour le jeune public hexagonal. Nous en reparlons dans quelques instants.
 
L'adaptation et la qualité des doublages de la série participeront grandement à son succès, de même que les chansons des génériques de début et de fin, qui connaîtront pas moins de huit versions différentes.
 
1978 : Les tout premiers génériques originaux:
Générique du Début : « Goldorak ! » paroles de Pierre Delanoë et interprété par Enriqué Fort.
 
Générique de Fin :« Va combattre ton ennemi » paroles de Pierre Delanoë et interprété par Enriqué Fort.
 
L'anecdote culte : 
 
Ce premier générique fut rapidement retiré de l'antenne après quelques semaines de diffusion à cause d'une polémique aussi absurde que ridicule.
 
 Dans les paroles de la chanson, il était chanté : « Tu vas sauver notre race / Nous redonner la lumière » (faisant référence à la race humaine). Effrayée par la susceptibilité du terme et son usage devenu ultrasensible après la Seconde Guerre mondiale, la production a préféré évincer le morceau.
 
C'était pourtant celui qui se rapprochait le plus de la version originale et pour ma part vraiment mon préféré.
 
1978 - 1979 La version de Noam:
 
Remplacé en urgence, c'est le jeune Noam Kaniel qui interprète le nouveau générique de « Goldorak ! » (composé par Shunsuke Kikuchi, avec des paroles françaises de Houât/Sab Sablon), devenant l'hymne de toute une génération.
 
Personnellement je trouve ce générique trop rose bonbon et kitch. 
 
1979 L'ère Les Goldies.
Jean-Pierre Savelli (sous le pseudonyme Les Goldies) reprend le flambeau avec « 
 
Générique de début La Légende d'Actarus » Générique  de fin « Le Prince de l'espace » 
 
1980 / 1984 
 
Michel Barouille interprète « Goldorak et les deux Mazinger »  destiné à accompagner les exploitations en VHS.
 
1987 L'ère Club Dorothée
 
Pour son transfert de Récré A2  à l'autolarge sur TF1 dans le Club Dorothée, c'est  Bernard Minet qui signait le nouveau générique, 
 
« Le Retour de Goldorak » composé par Gérard Salesses et Jean-François Porry 
 
Anecdote sur la programmation de Goldorak en France sur Antenne 2
 
À l'époque, en 1978, Jacqueline Joubert la directrice des programmes jeunesse de la chaine cherche à meubler les grilles de la toute nouvelle émission Récré A2. 
 
Elle envoie des acheteurs à l'international pour trouver des programmes pas trop chers. C'est lors d'un salon: le MIPTV à Cannes qu'un acheteur tombe sur ce catalogue japonais de robots géants UFO Robo Grendizer.
 
Personne ne croyait en ce projet 
 
La série est achetée un peu au rabais, considérée par les responsables de la chaîne comme un petit dessin animé de foire japonais bas de gamme pour remplir l'antenne estivale.
 
Le pari de la météo :
 
Le premier épisode est quand même programmé le 3 juillet 1978. 
 
Par un concours de circonstances providentiel, la météo de cette première semaine de juillet est exécrable sur une grande partie de la France, confinant des millions d'enfants à l'intérieur.
 
Le choc cathodique :
 
Privés de sortie, les gamins découvrent ce choc visuel monumental entre un prince déchu, une tragédie shakespearienne de l'espace et des combats titanesques entre des robots géants aussi grands que 20 étages d'un immeuble. 
 
 Le carton est instantané, massif et totalement imprévu, prenant de court la direction de la chaîne qui recevra des milliers de lettres après l'arrêt du programme pilote jugé en fin de compte trop violent !
 
Comment est ce possible qu'un véritable accident industriel se transforme en séisme cathodique et culturel par la grâce du hasard et d'un mauvais temps estival?
 
Si cette fable contribue à amplifier encore un peu plus la légende de Goldorak il y a selon moi à prendre et à laisser
 
L’idée même qu'un acheteur pour la TV aurait signé puis diffusé Goldorak les yeux fermés sans visionner un seul épisode pour se rendre compte juste après la première diffusion oh mon dieu c'est trop violent, ce scénario a des allures de farce emprunt d'amateurisme.
 
Bien evidemment que les directeurs des programmes avaient visionné Grendizer deux fois plutôt qu'une!
 
En France nous étions à la fin des années 70, la censure et le contrôle parental institutionnel étaient extrêmement stricts.
 
 Si Jacqueline Joubert et ses équipes ont validé la diffusion, c'est qu'ils savaient très bien ce qu'ils achetaient : un produit spectaculaire, certes un peu exotique, mais calibré pour faire de l'audience. 
 
On était pas encore à l'ère où il fallait acheter de l'espace de cerveau disponible pour la publicité, mais croyez bien que pour vendre aux annonceurs l'espace pub avant et après Goldorak ils avaient un minimum étudié le projet
 
Par contre je veux bien croire qu'ils n'avaient pas estimé l'ampleur du phénomène.
 
Ils n'avaient par exemple pas anticipé, la déflagration psychologique et culturelle sur la jeunesse française.
 
Ils s'attendaient ou en tout cas esperaient un score d'audience estival honorable mais pas de la à ce que la France entière se mette à dévaliser les magasins de jouets pour se procurer les figurines et à rejouer les combats du dessin animé dans toutes les cours d'école au point d'affoler les sociologues et les pédopsychiatres de l'époque.
 
Il est en revanche tout à fait probable que le programme ait été acheté à un prix au rabais car il faut se rendre compte qu' Au Japon, Grendizer passait après Mazinger Z et Great Mazinger les grands frères de Goldorak sortis quelques années auparavant.
 
 Le public japonais des années 70 était déjà ultra-consumériste en matière de robots.
 
Le fait qu'Alcor (Koji Kabuto dans la version originale) héros des précédentes versions devienne un personnage secondaire dans Goldorak au profit d'un prince extraterrestre mélancolique a déstabilisé les fans de la première heure, d'autant que la concurrence sur les chaînes nippones était féroce.
 
C'est cette « sous-performance » relative nippon, ni mauvais sur son sol natal qui a rendu la série disponible et abordable pour l'exportation en France où elle arrivait totalement vierge de tout passif, agissant comme un OVNI cathodique c'est le cas de le dire.
 
Enfin finissons par Le nom de Goldorak (qui remplace le titre japonais original UFO Robo Grendizer est né d'un savant mélange de références de l'époque, attribué à Jacques Canestrier, l'un des premiers importateurs de la série en France.

L'histoire exacte de ce télescopage culturel repose sur une association d'idées :

Goldfinger : Le célèbre film de la saga James Bond sorti en salles au milieu des années 60, qui incarnait le nec plus ultra du blockbuster clinquant et populaire.

Mandrake (le Magicien) : Le fameux justicier illusionniste et héros de comics créé par Lee Falk.

Dans la légende de fabrication, le mix initial aurait donné Gold-n-drake, un peu difficile à prononcer pour le public francophone, avant d'être adouci et transformé pour devenir ce nom percutant, parfaitement taillé pour résonner dans les cours d'école: GOLDORAK 

Une trouvaille linguistique géniale qui a largement  contribué à ancrer le mythe dans l'inconscient collectif français !

Et que dire des noms des assauts, des manœuvres aéronautiques ou de transformation, exprimés à haute voix avant chaque projection ?

  • Métamorphose

  • Transfert

  • Autolargue

  • Cabré

  • Retournement

  • Assemblage

  • Fulguropoing

  • Pulvonium

  • Cornofulgure

  • Rétro-laser

  • Planicogire

  • Astérohache

Sans oublier le rituel de chaque épisode où Actarus court depuis sa base, emprunte un engin puissant pour se rendre dans Goldorak, où il se métamorphose le tout en suspension avant d'atterrir dans le cockpit.

En phase de décollage, on retrouve au fil des épisodes plusieurs sorties de la base — numérotées de 1 à 7 — pour ne pas se faire repérer par les forces de Véga.

Rien n'a été laissé au hasard par les réalisateurs dans ce dessin animé. C'est ce qui fait sa force.

Les chevaliers du zodiaque : les dates clés et anecdotes autour du dessin animé
 
Au Japon, le premier épisode des Chevaliers du Zodiaque fut diffusé le 11 octobre 1986 sur TV Asahi. 
 
La série se poursuivra jusqu'au 1er avril 1989, accompagnant ainsi une génération de jeunes téléspectateurs pendant plusieurs années. 
 
Le premier épisode porte le titre : « La légende des héros renaît »
 
* En France, la série débarquait le 6 septembre 1988 pour enthousiasmer son public à travers sa diffusion dans le *Club Dorothée* sur TF1.
 
Anecdotes sur Les Chevaliers du Zodiaque 
 
À l'origine, l'œuvre de Masami Kurumada s'appelle Saint Seiya. Mais pour l'importation française orchestrée par Jean-Luc Azoulay et Claude Berda (AB Productions), le titre original a été jugé peu vendeur pour un public occidental novice.
 
En optant pour Les Chevaliers du Zodiaque, les programmateurs ont eu le génie marketing de raccrocher immédiatement l'imaginaire des enfants à l'esprit chevaleresque qui fait aussi partie de l'histoire de France, à l'astrologie et aux douze constellations mythiques des armures d'or
 
La sulfureuse polémique de la violence et l'hypocrisie politique :
 
Avec ses combats homériques, ses effusions de cosmos et ses corps meurtris, la série s'est retrouvée au cœur de tempêtes médiatiques sur la « violence à la télévision ». 
 
Symbole absolu de cette bien-pensance moralisatrice, Ségolène Royal et les figures de la gauche plurielle de l'époque ont mené une charge ininterrompue contre les programmes jeunesse, orchestrant une police des mœurs infantilisante sous couvert de protection de l'enfance, tout en éludant les vrais problèmes structurels de la société. 
 
La fin d'une époque et la résistance du câble 
 
Cet acharnement idéologique conjugué aux tensions contractuelles a contribué à sonner le glas du mythique Club Dorothée, qui s'arrête définitivement le 31 août 1997 sur TF1 emportant tous ses dessins animés dont Saint Seiya.
 
Loin d'éteindre la passion pour les chevaliers du zodiaque la série a su trouver un second souffle sur les chaînes du câble.
 
Chronologie des diffusions françaises : Les Chevaliers du Zodiaque
 
-6 avril 1988 : Première diffusion historique sur TF1 (dans l'émission Club Dorothée).
 
-18 octobre 1993 : Première extension hertzienne alternative sur TMC (dans l'émission Récré Kids).
 
-6 septembre 1999 : Arrivée sur le câble thématique avec AB1.
 
-Novembre 2001 : Reprise sur la chaîne Mangas, devenue la grande arche cathodique de l'intégrale non censurée.
 
-Octobre 2004 : Expansion sur les chaînes thématiques nouvelle génération avec Game One.
 
2005 : Intégration dans le paysage de la TNT naissante sur NT1.
 
Juin 2006 : Diffusion élargie sur le câble musical et pop culture avec MCM.
 
-9 novembre 2023 : Transmission transgénérationnelle sur la chaîne gratuite Gulli.
 
Quand la mythologie grecque des Chevaliers du Zodiaque rencontre l'esprit du samouraï
 
Le génie de Masami Kurumada ne repose  pas uniquement sur la puissance visuelle de ses personnages.
 
Il réside aussi dans une rencontre culturelle particulièrement originale. 
 
D'un côté, Les Chevaliers du Zodiaque puisent abondamment dans l'imaginaire occidental : constellations, mythologie grecque, dieux de l'Olympe, Athéna, armures, héros et épopées antiques.
 
 De l'autre, l'œuvre reprend une conception acestralement japonaise du guerrier et de son code d'honneur : le bushidō
 
Le bushidō est un code moral associé aux samouraïs qui valorise l'honneur, la loyauté, le sens du devoir, l'esprit de sacrifice, la fidélité à une cause et l'acceptation du risque de la mort.
 
 Les Chevaliers ne sont donc pas simplement des héros équipés d'armures spectaculaires. 
 
Ils sont présentés comme des guerriers liés par un engagement qui les dépasse individuellement.
 
Leur force physique n'a de sens que lorsqu'elle est mise au service d'une noble cause : défendre un idéal de justice et d'ordre moral supérieur, voire mythique.
 
C'est cette combinaison entre mythologie occidentale et éthique guerrière nippone qui donne à la série une identité aussi singulière et si populaire.
 
Quand les armures deviennent des personnages
 
L' identité visuelle des Chevaliers du zodiaque passe par un élément devenu indissociable de la série : les *Cloths*, ces armures associées aux constellations. 
 
Elles ne sont pas de simples protections destinées à rendre les personnages moins vulnérables et plus puissants dans les séquences de combat. Elles se construisent, s'assemblent et se déploient autour du corps du Chevalier tout en matérialisant la constellation à laquelle il est associé.
 
L'armure devient ainsi une sorte de sculpture mobile, à mi-chemin entre l'objet guerrier, le symbole zodiacal et la représentation mythologique.
 
 C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles Les Chevaliers du Zodiaque ont autant marqué visuellement toute une génération : chaque personnage possède une identité immédiatement reconnaissable, construite autour d'un univers symbolique complet.
Alcor et Seiya  la transmission d'une génération à l'autre
 
Pour les adolescents qui découvrent *Saint Seiya* à la fin des années 1980  notamment ceux qui ont autour de 14 ans en 1988 , la série ne constitue pas simplement un nouveau dessin animé. Elle arrive avec une puissance visuelle et musicale remarquable. Les compositions de Seiji Yokoyama donnent aux combats une dimension symphonique et dramatique qui dépasse largement le simple affrontement entre héros et adversaires.
 
Et lorsque l'on vient de la génération *Goldorak*, certaines ressemblances sautent aux yeux. Il existe notamment une véritable filiation entre Seiya avec Alcor. Comme lui, Seiya est un personnage fonceur, impulsif, têtu, parfois rebelle, mais très loyal et animé par un sens très fort de la justice. Ce n'est donc pas seulement un changement de personnages ou d'armures, c'est une transmission d'un modèle héroïque d'une génération à l'autre. Les pilotes et héros de la Toei des années 1970 ont ouvert une voie que les Chevaliers vont ensuite prolonger dans un univers plus sombre, plus mythologique et plus initiatique.
 
Brûler son cosmos : le combat devient une transformation intérieure
 
C'est à mon sens l'une des idées les plus fortes du concept des Chevaliers du Zodiaque : un Chevalier ne gagne pas simplement parce qu'il possède davantage de force physique que son adversaire. Il doit brûler son cosmos, c'est-à-dire activer sa cosmo-énergie, afin que le véritable combat dépasse ses propres limites physiques. C'est une force qui vient de l'intérieur et là nous trouvons parfaitement l'empreinte de Pluton qui, au moment de la sortie des Chevaliers du Zodiaque ce fameux 11 octobre 1986, était dans son domicile en Scorpion pour la première fois depuis la découverte astronomique de l'astre au début du XXe siècle. Pluton tout-puissant en Scorpion représente bien cet esprit aiguisé du guerrier qui ne craint pas la mort et qui, plus les adversaires sont puissants, plus il va chercher dans les tréfonds de son âme une force insoupçonnée pour se transcender et vaincre ses ennemis, même ceux qui sont réputés plus forts dans le rang de la chevalerie. Pluton en Scorpion n'a que faire des étiquettes : seul le terrain et l'issue du combat donneront sa vérité et permettent de donner la vraie valeur à une personne. Surtout si on est motivé par une cause noble et juste qui vous dépasse. Ici, on retrouve le sceau de la Balance.  
 
Le combat devient alors une forme d'initiation. Le héros est confronté à la souffrance, la peur, le doute et parfois la mort, mais cette épreuve devient  ce qui lui permet de se transformer, de gagner en expérience et de développer sa force intérieure pour réussir ce qui semblait au demeurant impossible. C'est ce qui explique sans doute pourquoi l'œuvre a pu toucher aussi durablement son public : derrière les coups et les explosions se cachait une idée beaucoup plus puissante, celle d'un individu qui doit trouver en lui les ressources nécessaires pour aller au-delà de ce qu'il croyait possible.
 
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis de nombreuses années, les nouvelles générations ont développé des capacités de déplacement, de saut ou d'habileté au combat exceptionnelles. Il suffit de regarder les adeptes du *parkour* qui sautent d'un bâtiment à un autre, ou des combats épiques de MMA ou d'art martiaux libres, des prouesses qui n'étaient jadis possibles que pour les héros des dessins animés de notre enfance.
40 ans plus tard : que reste-t-il du mythe des Chevaliers du Zodiaque ?
 
La longévité de *Saint Seiya* permet également de mesurer la difficulté de transposer un tel univers dans les codes contemporains. L'industrie du divertissement a tenté l'expérience avec l'adaptation en prises de vues réelles *Knights of the Zodiac*, également connue sous le titre *Saint Seiya: The Beginning*. Le film est sorti le 28 avril 2023 au Japon, puis le 12 mai 2023 aux États-Unis, avant une diffusion à la télévision française sur TFX en juillet 2025. Le casting réunissait notamment Mackenyu dans le rôle de Seiya, avec Famke Janssen, Sean Bean, Madison Iseman, Diego Tinoco, Nick Stahl et Mark Dacascos.
 
L'histoire reprend le principe de la saga : Seiya, jeune combattant, découvre qu'il est destiné à devenir le Chevalier de Pégase et doit protéger Sienna, incarnation d'Athéna. Sur le papier, tous les ingrédients fondamentaux semblaient donc réunis. Mais le résultat s'est avéré très décevant et pas du tout à la hauteur des dessins animés originaux.
 
 La machine hollywoodienne a échoué à retranscrire l'âme des chevaliers du zodiaque
 

L'adaptation a reçu un accueil critique largement négatif, surtout auprès des fans, qui lui ont reproché des choix visuels et narratifs éloignés de l'esprit de l'œuvre originale. On peut évidemment discuter longuement des raisons de cet échec. Mais si on se reporte à notre grille de lecture astrologique, on peut dire que l'œuvre originale était née dans un contexte mythologique, initiatique et mystique. Son univers reposait sur la créativité cosmique ce mélange Balance avec Pluton en Scorpion et d'autres ingrédients , une combinaison propice à l'esprit des arts martiaux, au romantisme, au sacrifice et à la transformation intérieure, mais aussi à un véritable idéal qui touche notre cœur d'enfant, même passé à l'âge adulte. Il y avait une âme dans chacun de ces dessins animés où chaque élément agit comme une madeleine de Proust, même 40 ou 50 ans après, auprès des fans de la première heure qui ont transmis cette passion à leur descendance.

L'adaptation contemporaine arrive, elle, dans une époque marquée par Pluton en Capricorne puis en Verseau, c'est-à-dire dans un univers beaucoup plus structuré pour ne pas dire formaté par l'industrie, les franchises, les investissements considérables, les effets spéciaux numériques, la mondialisation et les logiques de marché. Ils ont transformé un mythe en un produit pas très bien marketé. Et c'est ce qui explique le décalage ressenti par une partie du public : on peut fabriquer aujourd'hui des effets spéciaux spectaculaires, des armures numériques et des scènes de combat à gros budget, mais reproduire l'apparence d'un mythe ne suffit pas nécessairement à en retrouver l'âme. C'est toute la différence entre représenter un univers et parvenir à transmettre ce qui lui donnait initialement sa puissance et son supplément d'âme.

Le mythe de Goldorak cultivé par l'absence
Le destin de Goldorak en France a été assez différent de celui des Chevaliers du Zodiaque. La série s'est nourrie d'une longue rareté : suite notamment à des imbroglios juridiques entre Toei Animation et l'auteur Go Nagai, la saga s'est ainsi vue privée de rediffusions télévisées pendant des années.
Bien que le 74ᵉ et ultime épisode de Goldorak ait été diffusé, l'impossibilité de revoir la série à l'antenne a laissé à toute une partie du jeune public ayant manqué ce rendez-vous l'impression d'une fin introuvable. Bloqué hors des canaux officiels et des rayons pendant près de deux décennies, le robot géant est resté invisible jusqu'à la sortie enfin légalisée de la saga en DVD en 2013. Cette longue traversée du désert de 20 ans a paradoxalement renforcé le mythe, transformant la nostalgie en culte sacré pour toute une génération.
 
Si Goldorak a échappé jusqu'ici au couperet d'un blockbuster hollywoodien en prises de vues réelles  malgré des projets avortés ou des vidéos d'hommage en synthèse, sa récente réinvention à travers la bande dessinée franco-belge de 2021 ou la série Goldorak U (2024) illustre le même défi astrologique et culturel : née sous l'empreinte novatrice et pionnière des années 70, l'œuvre originale portait un supplément d'âme et un romantisme tragique façonnés par le zodiaque de l'époque.
Confronté aujourd'hui aux exigences d'une industrie hyper-formatée par les logiques de marché de Pluton en Capricorne et Verseau, tout projet de modernisation prend le risque de lisser le mythe pour en faire un produit commercial standardisé. Car comme pour Pégase, aligner la technologie numérique ne suffit pas à rallumer l'étincelle de l'immense Goldorak qui a marqué l'inconscient collectif.
 
50 ans après Goldorak, 40 ans des Chevaliers du Zodiaque :
Le Cornofulgure brille encore, le cosmos brûle toujours

Cinquante ans après la naissance du robot géant et quarante ans après la première apparition des Chevaliers du Zodiaque, ces deux sagas dépassent largement le statut de simples souvenirs de jeunesse. Si elles ont toutes deux traversé les générations, c'est parce qu'elles ont su toucher à des archétypes universels : la mythologie, le zodiaque, la défense de la Terre, la bataille des forces du bien contre le mal, le sens de l'honneur, le romantisme tragique et, par-dessus tout, la capacité de l'être humain à se dépasser face à l'adversité.

Rédigé par Yanis Voyance Astrologue

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