Réflexions sur le film Time Out et parallèles avec le réel de notre époque
Le film montre que les riches sont devenus apathiques.
Comme ils ont tout le temps, ils ne vivent plus.
Peur de mourir par accident.
C’est le côté sombre de Saturne :
la stagnation, le conservatisme, la peur de la fin de vie, l’entre-soi et le mépris de la classe populaire.
Ce concept de disparition de la monnaie traditionnelle pour la remplacer par un crédit capital (Uranus) – temps (Saturne), les deux maîtres du Verseau, est très loin d’être absurde à l’heure où il est question, sous l’égide de Pluton en Verseau (2024–2044), de supprimer l’argent liquide et remplacer le système monétaire actuel en voie d’effondrement programmé par les monnaies numériques de banque centrale, auxquelles seront adossés le crédit social comprenant un panier de points valeur en fonction du comportement social citoyen.
Civisme, idées politiques, santé, respect de l’environnement, quotas carbone, droits d’avoir et d’éduquer ses propres enfants.
Saturne représente en effet à la fois le temps, mais également la monnaie traditionnelle que l’on gagne par le travail à la sueur de son front.
Saturne, c’est le grand laborieux du système solaire et la planète qui structure une société.
Depuis la naissance des premières cités antiques, la monnaie a toujours été l’instrument central de la structuration sociale.
Elle est saturnienne par essence, car elle quantifie, garantit, authentifie, par les structures institutionnelles, étatiques et les banques, la valeur.
Saturne est le maître du temps et de la matière.
Il fixe la valeur des choses, impose l’ordre, fonde l’État, érige la pyramide sociale.
Au sommet, une élite détient le capital et la liberté qui va avec d’imposer des normes sociales leur permettant de conforter leur position.
Cette liberté est symbolisée par Uranus et les normes sont l’apanage de Saturne.
On retrouve une fois encore les deux maîtres du Verseau.
À la base de la pyramide sociale, la masse échange son temps de vie contre une rémunération minimale.
Depuis les esclaves de l’Antiquité jusqu’au prolétariat moderne, le mécanisme reste identique :
l’enrichissement d’une minorité au sommet de la pyramide s’est fait par l’appropriation du temps de travail du plus grand nombre, symbolisé par Neptune.
Le temps est donc la véritable monnaie originelle, bien avant l’or ou le papier.
Mais à mesure que l’humanité découvre astronomiquement Uranus en 1781, Neptune en 1846 puis Pluton en 1930, une transformation invisible s’opère.
La monnaie cesse progressivement d’être tangible et de se matérialiser en pièce d’or.
Elle se virtualise.
Exemple : les assignats pendant la Révolution française sont emblématiques de cette virtualité et complexité.
Uranus apporte l’innovation technique, l’ouverture des espaces et la conversion du monde au libre-échange, ainsi que l’uniformisation du système monétaire devenu plus universel, avec un dollar devenu à partir de la seconde moitié du XXᵉ siècle la monnaie de référence et de réserve internationale.
Encore aujourd’hui, le billet vert reste central, même si son hégémonie touche à sa fin à cause de l’essence même sur laquelle repose sa base : l’argent-dette.
À ce jour : 38 000 milliards de dollars de dette.
Neptune symbolise la dissolution des repères et des frontières, mais aussi l’abus de la planche à billets pour maintenir artificiellement le système, alors même qu’il n’existe plus de correspondance entre croissance réelle et océans de liquidités en circulation.
Ce qui entraîne les puissances financières à exiger un remboursement sur les bijoux de famille des pays.
Pluton symbolise la concentration du pouvoir, la manipulation du système monétaire et la domination par le chaos, qui engendre toujours plus de dette et rend toujours plus dépendants les États prétendument souverains, ainsi que leurs populations, encore plus contraintes par leurs dirigeants — les « gardiens du temps ».
Pendant ce temps, le système monétaire devient de plus en plus abstrait, algorithmique et détaché de toute réalité matérielle.
L’ancien Saturne, gardien du coffre et du métal, ne règne plus sur l’or, car il a été supplanté par de nouvelles planètes pour régner sur la dette et sur les heures de travail que vous devez fournir pour la rembourser.
Cette bascule avait déjà atteint un premier point d’ancrage symbolique le 23 décembre 1913, sous le Soleil en Capricorne : création de la Réserve fédérale.
L’État américain abdique sa souveraineté monétaire au profit d’un cartel bancaire privé.
Puis le 3 janvier 1973, toujours sous dominance capricornienne, la loi interdit à la Banque de France de financer directement l’État.
Désormais, avec les évolutions de l’article 104 de Maastricht et l’article 121 du traité de Lisbonne, la puissance publique doit emprunter sur les marchés, payer des intérêts et nourrir une dette perpétuelle.
La monnaie n’est plus créée par la souveraineté politique, mais par le crédit bancaire ex nihilo.
On emprunte une somme créée à partir de rien, mais on rembourse avec du temps de travail bien réel des populations.
L’usure, jadis interdite par les religions au nom du fait que « le temps appartient à Dieu », devient le moteur central de l’économie mondiale.
Le résultat est mécanique :
accumulation exponentielle de dettes, États captifs des marchés, citoyens appauvris, patrimoines et terres agricoles rachetés par des conglomérats financiers, disparition progressive de la propriété individuelle et foncière.
Ceux qui produisent la valeur sont pressurés, tandis que ceux qui créent la monnaie contrôlent le sommet.
Le temps de vie collectif est devenu le carburant d’un système pernicieux.
Et c’est ici que la métaphore de Time Out prend tout son sens.
Le film ne fait que rendre visible ce que notre système réalise déjà : la conversion du temps en monnaie directe.
La dystopie futuriste n’est que la projection uranienne d’un mécanisme saturnien ancien.
Le Verseau annonce désormais une nouvelle mutation : la fin de l’argent-dette au profit de formes de crédit social, de monnaies numériques, de comptes-temps, de systèmes de redistribution algorithmique.
La question n’est plus de savoir si ce basculement arrive, mais qui en écrira les règles — même si l’on sait que ce seront toujours les mêmes.
Le passage du Capricorne au Verseau marque donc la rencontre entre Saturne, maître du temps réel, et Uranus, maître du temps technologique.
C’est exactement la matrice du capital-temps.
Le vieux monde monétaire fondé sur la dette sature.
Un autre modèle s’esquisse.
Et comme toujours, ce sont les mêmes forces planétaires qui déplacent les lignes invisibles de l’histoire.
Voir ci-dessous la rétrospective sur la loi du 3 janvier 1973