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Travailler 32 h une idée saugrenue ou réaliste?

Publié le par Yanis voyance

Le fait d'actualité:

Ce sont en ce moment les Ministres les moins populaires dans l'opinion qui proposent des idées pour le moins iconoclastes. Il y a quelques jours Ségolène Royal invitait les gens à boycotter le Nutella et a finalement été contrainte de s'excuser pour éviter l'incident diplomatique avec l'Italie et le géant de la pâte à tartiner Ferrero. Aujourd'hui c'est Christiane Taubira pas plus populaire dans l'opinion qui "rêve des 32 h". Une idée complètement saugrenue selon le 1er Ministre et qui aurait le don de l'agacer sérieusement .Et pourtant est-ce que l'idée de partager de nouveau le temps de travail et de faire passer la durée légale à 32 heures est aussi stupide que ça?

Pas nécessairement d'autant que cette idée provient de deux natives marquées par le signe du Verseau un signe visionnaire, avant-gardiste. (Madame Taubira est native du Verseau 2 février 1952 à Cayenne en Guyanne, tandis que Madame Royal est ascendant Verseau et du signe de la Vierge née le 22 septembre 1953 à 16h10 à Dakar au Sénégal). Le 11e signe du zodiaque a souvent un temps d'avance sur les autres et ses idées qui paraissent révolutionnaires aujourd'hui pourraient bien être la norme demain. D'ailleurs en 2023 Pluton l'astre des mutations va amorcer son transit justement Verseau, pour faire basculer notre monde et l'économie dans une ère complètement nouvelle, avec des avancées technologiques prodigieuses dont on a déjà quelques prémices. Cette idée des 32 heures pourrait donc ne pas être si idiote que cela, tout dépend des conditions de mise en oeuvre. Globalement le partage du temps de travail est une évolution logique de notre histoire, des progrès colossaux des gains de productivité et sur le plan des conditions de travail.

Pour comprendre cette notion de productivité il faut se dire que c'est la capacité d'un appareil productif à produire un volume de richesse en fonction du temps. Or on s'aperçoit que depuis la révolution industrielle nous n'avons cessé dans nos pays dit développés à économie de marché de produire plus et plus vite grâce au progrès technique. Dans le passé dans l'agriculture avant le fameux exode rural, il fallait une centaine de personnes pour produire dans un champ une quantité infime de blé qui suffisait à peine à nourrir tout une populatIon, aujourd'hui deux machines suffisent avec deux personnes pour alimenter tout une nation et plus encore puisque le surplux fît même l'objet d'exportation. Ce phénomène expliqua la crise de l'emploi dans le secteur agricole, mais dans le même temps l'expansion par exemple dans les usines agro-alimentaire pour produire à la chaîne et de manière générale dans l'industrie. Par la suite c'est le secteur de l'Industrie qui a été touché par un bon en avant de ces gains de productivité qui nécessita moins de main d'oeuvre grâce à la robotisation des tâches. C'est vers le secteur des services que le gisement d'emploi fût le plus important, et permis d'absorber l'afflux de population active. Bien entendu ce transfert d'un secteur à un autre en terme d'emploi ne se fait pas aussi automatiquement, la transition s'est opérée d'une génération à une autre. Plus le niveau de formation est élevé, et plus les pouvoirs publics veillent à anticiper sur les besoin en formation du marché futur, et à proposer des cursus en adéquation, et plus ce passage se fait en douceur. Plus il y a d'accompagnement des chômeurs d'une vague d'un secteur en mutation et moins y a de casse sociale.

Depuis un moment déjà c'est le secteur des services, avec les progrès de l'informatique et du numérique qui nécessite moins de besoin en personnel. Mais cette fois la transition et l'effet d'entraînement qui se faisait correctement jusqu'à la fin années 60 s'est grippé à cause de nombreux facteurs très complexes. Les principaux sont la mondialisation, la concurrence avec les pays émergents a une main d'oeuvre à bas coût à cause des normes sociales, environnementales moins exigeantes que dans nos pays et la délocalisation de l'appareil productif, qui explique le chômage de masse dans nos pays; Sans compter l'avènement d'une intelligencia de ces pays qui concurrencent désormais les cadres français et européen.

De plus à chaque fois que nos pays ont fait des bons en avant pour produire plus de richesse, plus rapidement et avec moins de main d'oeuvre, il a fallu notamment en France des mouvements de revendication très dur, pour réclamer un partage de ces gains soit en salaire, soit en réduction de temps de travail pour permettre un progrès social. C'est ainsi que de 48h de travail au XIXe siècle nous sommes passés progressivement à la journée de 40 h, puis 39 h au XXe et ensuite 35h à l'aune du XXIe.

Dans un récent article (que vous retrouverez ci-dessous) j'ai évoqué les liens entre le partage du temps de travail et les mouvements planétaires qui ont impacté notre bel hexagone au début des années 2000 . En le relisant vous comprendrez mieux pourquoi le partage du temps de travail qui a été plutôt bien accepté socialement et même voulu, a connu des résultats plus que mitigé dans notre pays au moment du passage des 35h, pour ne pas dire décrié.

Les raisons en sont assez simples

-Nous sommes dans un marché ouvert et pour que cette mesure soit efficace, il aurait fallu que nos partenaires avec lesquelles nous sommes interdépendants économiques fasse de même pour retrouver un véritable effet d'entraînement et réduire considérablement le chômage de masse.

-La logique de mise en concurrence avec les salariés français et européens avec ceux du monde entier et notamment ceux qui font du dumping fiscal, social et même environnemental est une forme moderne du capitalisme à s'arroger la quasi totalité de la valeur ajouté créée. En générant volontairement du chômage de masse, on oblige les populations à travailler plus pour un salaire très faible. Le rapport de force étant actuellement en faveur des multinationales, du monde de la finance, ils possèdent même le pouvoir d'orienter les gouvernement vers des politiques qui leur permet de ciphoner au maximum tous les fruits de ces gains de productivité sous forme de richesse. C'est ainsi que grâce à différentes campagne de communication ont a mis dans la tête des gens le slogan travailler plus pour gagner plus et en expliquant que si le pouvoir d'achat baisse et qu'il y a du chômage ce serait même à cause des 35h, que la France serait devenu un pays de fénéant. Si la France est loin d'être un pays de oisif qui possède d'ailleurs l'un des meilleur taux de productivité au monde, je constate en revanche que beaucoup de nos compatriotes ont perdu tout sens de discernement et se sont un peu fait lobotomiser le cerveau à force d'entendre à longueur de journée des fadaises pareil savamment distillés par des économistes triés sur le volet ou acheter par ce système pour nous expliquer tout ça. La réalité c'est que le progrès technique est telle qui permet de produire beaucoup plus de richesse qu'avant mais que les gains de productivité résultant ne sont ni assez redistribué en salaire, ni assez en temps de repos. Le semi-échec ou semi-réussite des 35h vient donc du plus du contexte international et de la façon dont cela a été mis en place que l'idée du partage du temps de travail lui même qui est toujours d'actualité.

Pour le moment le duo Uranus/Pluton figure paradoxale de la crise économique fait de la résistance et a du mal à laisser mourir l'ancien et à faire naître le nouveau; Pourtant il faudra bel et bien partager le temps de travail pour rétablir un niveau de chômage acceptable, et dans le même temps redistribué de manière plus équitable des richesses si l'on veut pas voir venir une explosion sociale prochainement. En ce moment nous avons d'un côté un chômage de 5,6 millions de personnes qui sont malheureux, décroché économiquement et socialement, qui deviennent progressivement inemployables. Et de l'autre une population active qui travaille trop pour un salaire qui ne suffit pas à leur permettre de consommer et de subvenir à leur besoin naturel, manger, se loger dignement. Nous avons enfin une population qui augmente considérablement avec un système qui va vers encore plus de progrès technique, plus d'ouverture sur le monde et de libéralisation de l'économie. Que va t-il se passer? Soit les français devront renoncer aux 200 ans de progrès sociaux et accepter leur déclassement en devant pour certain travailler beaucoup plus que 40 heures pour un bol de riz et sombrer dans plus de pauvreté ou de burn out pour les cols blancs. Ou alors réorganiser le travail en le partageant.

Pour le faire dans de bonnes conditions il faudra cette fois cibler en priorité les métiers en tension, les emplois pénibles, faiblement qualifiés qui ne nécessitent pas forcément une grande qualification. Passer donc au 32 heures, dans les métiers arrassants sans perte de salaire. Ce n'est pas une utopie, il vaut mieux en effet payer des gens actifs qui gagneront dignement leur salaire, et participeront à l'économie productive et redistributive en consommant, plutôt que d'avoir des millions de chômeurs dont il faudra payer si ce n'est pas le revenu de substitution les fameux assédics, ou RSA payer de façon indirecte le coût social de la casse, perte de lien social, maladie dépression, malnutrition, mort prématurée, délinquance, enfant issu de cette génération d'inactifs désœuvrer complètement destructurées. C'est déjà le cas mais cela peut encore s'envenimer si personne ne prend conscience de cette réalité;

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